Une étude internationale dans l’espoir de ralentir la maladie d’Alzheimer

Des Montréalais souffrant de la maladie d’Alzheimer participent à une première étude internationale de stimulation magnétique. Les personnes atteintes de ce type de démence soumettent leur cerveau à une stimulation des neurones par des impulsions transcrâniennes répétées, ou méthode de SMTr, dans l’espoir de ralentir la maladie.

L’hypothèse la Dre Lisa Koski, de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (IR-CUSM), est que la stimulation permettrait d’augmenter l’activité dans les régions frontales du cerveau, généralement affectées par l’Alzheimer. Elle croit que ceci améliorerait les capacités cognitives et la mémoire des malades.

« La SMTr est une technique médicale non invasive et indolore mise au point à la fin des années 1980 qui a fait ses preuves dans le traitement des dépressions sévères, explique la Dre Lisa Koski. Nous espérons l’utiliser pour ralentir l’évolution de la maladie d’Alzheimer chez les patients qui en sont au stade précoce ou modéré. »

Micheline Morency, 62 ans, souffre de la maladie d’Alzheimer depuis déjà cinq ans. Elle a perdu sa mémoire à court terme, et son jugement et ses inhibitions sont altérés. Elle participe à l’étude internationale afin de ralentir l’évolution de la maladie.

Une spirale de métal est posée sur le cuir chevelu de Mme Morency. La spirale envoie une impulsion électrique à la surface de son crâne pour stimuler l’activité des neurones.

Mme Morency est une des premières patientes au Québec à tester la SMTr. La Dre Koski souhaite recruter une centaine de personnes pour participer à l’expérience. Cent autres font le même exercice au Manitoba et 100 en Australie.

Tous doivent suivre une séance par jour de stimulation de 20 minutes pendant deux à quatre semaines. Les chercheurs les suivront ensuite durant six mois pour évaluer les effets de l’expérience et mettront finalement leurs résultats en commun pour déterminer l’efficacité de la méthode.

L’Alzheimer est encore une maladie incurable et irréversible, et selon la Société Alzheimer Canada, 1,1 million de Canadiens sont directement ou indirectement touchés par celle-ci. Au Québec, ce sont 17 000 personnes de moins de 65 ans qui en sont atteints.

L’Organisation mondiale de la Santé rapporte que 47,5 millions de personnes sont atteintes de démences dans le monde, parmi lesquelles 60 % à 70 % sont atteintes de la maladie d’Alzheimer.

De fait, « tout effort pour ralentir ou stabiliser la maladie représente un pas en avant », souligne la Dre Koski, qui espère donner de l’espoir aux malades et à leurs proches grâce à ses recherches.

Sources

Aptus Health

Ecrit par Bassem Rawas, pht. le .